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13/8/2004
PRIX ALTADIS-NOUVEAUX RÉALISATEURS


Dans le cadre du 52e festival International du Film de Donostia-San Sebastián, dix-neuf films sont en compétition pour le Prix Altadis-Nouveaux Réalisateurs, sponsorisé par Altadis et doté de 90.000 € (95.000 US$ environ). Parmi eux, trois sont en Section Officielle et seize à Zabaltegi-Nouveaux Réalisateurs.

Dix-sept pays sont représentés dans cette sélection qui propose un panorama de films très variés. Deux films argentins et un film colombien pour le cinéma latino-américain. L’Europe est représentée par des titres venant de Suisse, Italie, France, Turquie, Norvège, Irlande et Grande-Bretagne ainsi que la première œuvre d’un réalisateur espagnol. Des films du Burkina-Faso, Nouvelle-Zélande, Canada, Corée du Sud, Chine et Hong-Kong complètent cette sélection.

Des histoires de famille qui reflètent la crise de la société au travers de personnages et de situations avec lesquels nous pouvons aisément nous identifier ; les problèmes de travail et de marginalisation sociale qui touchent les jeunes ; le cinéma noir dans ses différentes variantes urbaines ; le cinéma politique ; les histoires d’amour et de relations…



SECTION OFFICIELLE – NOUVEAUX RÉALISATEURS


A LETTER FROM AN UNKNOWN WOMAN. Xu Jinglei. Chine. Avec Xu Jinglei, Jiang Wen.
Pour son second film comme réalisatrice, l’actrice Xu Jinglei (My Father and I, 2003) s’intéresse au roman Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig dont il existe déjà une splendide adaptation de Max Ophüls. Le regard oriental de Xu Jinglei donne à l’histoire de cet amour d’une inconnue pour un homme qui l’ignore, de nombreux moments sensibles et subtils, teintés d’une douce tristesse et de la nostalgie d’un amour qui aurait pu exister.



GEO-MI-SOOP (SPIDER FOREST). SONG Il-gon. Corée du Sud. Avec: KAM Woo-sung, SUH Jung, KANG Kyeong-heon.
Un jeune homme, retrouvé évanoui sur une route, se réveille en se rappelant avoir vu deux cadavres dans une petite maison du « Bois des araignées ». Il découvrira peu à peu le mystère du bois et la frontière entre réalité et surnaturel s’atténuera. Deuxième film du réalisateur de Flower Island, Prix de la Première Œuvre au Festival de Venise 2001.



OMAGH. Pete Travis. Irlande-Grande-Bretagne. Avec: Gerard McSorley, Michelle Forbes.
Écrit et produit par le réalisateur de Bloody Sunday, Paul Greengrass, le film nous rappelle le terrible attentat d’Omagh le 15 août 1998, lorsqu’une bombe de l’IRA Authentique provoqua un véritable massacre dans le centre-ville. L’enquête de Michael Gallagher, qui y perdit son fils, est le fil conducteur de cette histoire qui se transforme en une dénonciation de la situation politique du moment.

 

ZABALTEGI – NOUVEAUX RÉALISATEURS


IM NORDWIND (NORTH WIND), Bettina Oberli. Suisse. Avec: André Jung, Judith Hofmann, Aiko Scheu
L’histoire est en apparence semblable a beaucoup d’autres : le père travaille dans une entreprise, la mère est femme au foyer et la fille une adolescente en plein conflit. Le film commence le jour où le père est licencié. Pendant deux semaines nous suivons la vie quotidienne de la famille désormais conditionnée par cet événement. Ce film frappe en particulier par sa mise en scène solide et sans concessions.



CAMA ADENTRO, Jorge Gaggero. Argentine-Espagne. Avec: Norma Aleandro, Norma Argentina.
Beba est une bourgeoise que le « corralito » bancaire a laissée sans argent ; Dora est la servante de longue date que Beba ne peut plus payer mais qu’elle tyrannise encore. Portrait intelligent et amusant de deux femmes et des mondes qu’elles représentent. Des dialogues justes et une description parfaite des situations, appuyés sur l’interprétation de deux actrices exceptionnelles.



DAG OCH NAT (DAY AND NIGHT). Dinamarca - Suecia. Dir.: Simon Staho. Int.: Mikael Persbrandt, , Maria Bonnevie, Lena Endre, Pernilla August, Sam Kessel
Un padre de familia decide suicidarse. Pasa su último día en su coche, encontrándose con su hijo, su ex esposa, su amante, su madre y otras personas que le han rodeado en su caída hacia un pozo de desesperación e incomunicación. Simon Staho, director que ya participó en 1998 Zabaltegi con su primera obra, Vildspor (Wildside) , elabora un drama sin concesiones con grandes actores del cine nórdico y una puesta en escena que constituye todo un reto.


 

EVILENKO, David Grieco. Italie-Russie. Avec: Malcolm McDowell, Marton Csokas, Ronald Pickup.
Grieco lui-même porte à l’écran son roman Il comunista che mangiava i bambini, basé sur le personnage d’A. R. Cikatilo plus connu sous le nom du « monstre de Rostov », un assassin en série qui a tué, violé et dévoré une bonne cinquantaine d’enfants en Union Soviétique. Ce film, interprété par Malcolm McDowell, est à la fois la radiographie d’un dément et une métaphore de la décomposition du régime communiste.



FRÍO SOL DE INVIERNO, Pablo Malo. Espagne. Avec: Unax Ugalde, Javier Pereira, Marisa Paredes, Marta Etura.
Pablo Malo débute avec un mélodrame familial raconté d’une manière personnelle qui le rapproche du cinéma noir. Un jeune homme sans attaches qui vient de sortir d’une institution psychiatrique, part en voyage à la recherche de son père qu’il rend responsable des problèmes de sa famille. Un parcours où il fait la connaissance de personnages en tous genres le conduit à Lisbonne et il découvre là-bas la vérité sur son histoire.



IN DIE HAND GESCHRIEBEN, Rouven Blankenfeld. Allemagne. Avec: Irma Schmitt, Hans-Peter Deppe, Klaus Lehmann.
Au départ, un drame familial : un couple doit s’occuper du père de l’épouse suite à une embolie. Surprenante évolution de l’histoire lorsque la femme, asphyxiée par un père exigeant et tyrannique, par un mari brutal et insensible, finit par prendre des décisions bien peu orthodoxes.



IN MY FATHER’S DEN, Brad McGann. Nouvelle-Zélande. Avec: Matthew Macfadyen, Miranda Otto, Emily Barclay.
Revenir à la maison peut parfois être très compliqué. Paul, correspondant de guerre, revient dans son pays pour l’enterrement de son père. Il se trouvera face à un mélange de passé et de présent dans un drame familial aux conséquences inattendues. Un film bien construit qui utilise différents temps pour raconter une histoire aux nombreuses ramifications.



INNOCENCE, Lucile Hadzihalilovic. France. Avec: Marion Cotillard, Hélène de Fougerolles.
Basé sur une histoire courte de l’auteur de La boîte de Pandore (Lulú), ce conte symboliste de Frank Wedekind, publié en 1903, prend place dans un lieu indéterminé dans l’espace et le temps. L’action se déroule dans une étrange maison isolée du monde où vivent des petites filles de sept à treize ans. L’arrivée d’une nouvelle élève dans cette singulière école révélera les lourds mystères que renferment ses murs.



JIANG HU, Wong Ching Po. Hong-Kong. Avec: Andy Lau, Jacky Cheung, Shawn Yue, Edison Chen.
Dans le dangereux monde de la mafia de Hong-Kong, deux jeunes se voient offrir l’opportunité de quitter leurs emplois de misère pour se charger de l’assassinat d’un grand patron de la mafia. Ce sera le premier pas dans un long parcours criminel qui fera d’eux des puissants chefs du crime et qu’ils ne pourront quitter, même si l’un deux le tentera en fondant une famille.


 

KARPUZ KABUGUNDAN GEMILER YAPMAK (BOATS OUT OF WATERMELON RINDS), Ahmet Uluçay. Turquie. Avec: Ismail Hakki Taslak, Kadir Kaymaz, Gülayse Erkoç.
Premier film pour ce réalisateur turc qui vit dans une petite bourgade d’Anatolie. Situé dans les années 60, ce film raconte comment l’amour du cinéma pousse deux adolescents à construire un projecteur dans l’écurie de leur maison et leur rêve de devenir cinéaste. Une histoire d’une grande fraîcheur et innocence mise en valeur par des paysages extraordinaires.


 

LA NUIT DE LA VERITÉ, Fanta Regina Nacro. France-Burkina-Faso. Avec: Mouss Cissé, Naki Sy Savane, Georgette Paré.
Après dix ans d’une sanglante guerre ethnique, un traité de paix entre les Nayaks, ethnie du Président, et les Bonandés, rebelles groupés autour du colonel Theo, est sur le point d’être signé. Mais la fête de réconciliation sera assombrie par le souvenir des terribles cruautés commises par les deux bandes. La jeune réalisatrice africaine ne vacille pas au moment de montrer la violence de cette histoire.



PRÓXIMA SALIDA, Nicolás Tuozzo. Argentine. Avec: Dario Grandinetti, Pablo Rago, Ulises Dumont.
La fermeture d’une ligne ferroviaire pousse à la rue un groupe de travailleurs qui doivent apprendre à se recycler dans le monde du travail. La difficulté de reconstruire leur vie les rapproche de façon inattendue de leurs enfants qui partagent avec eux l’incertitude concernant l’avenir. Les uns et les autres cherchent une issue proche où la vérité et le mensonge, l’ironie et la douleur, l’échec et la victoire, se mélangent en une nuit qui les marquera à tout jamais. Próxima salida est projeté à San Sebastián après sa présentation à Cinéma en Construction 5 (Toulouse, mars 2004).



LA SOMBRA DEL CAMINANTE, Ciro Guerra. Colombie. Avec: César Badillo, Ignacio Prieto, Inés Prieto Saravia.
Ce film, Prix Cinéma en Construction 4 des industries techniques, raconte une histoire urbaine avec deux personnages atypiques : un « silletero » qui prend 500 pesos pour porter des gens sur son dos et un homme qui a perdu une jambe. Entre eux deux va grandir une amitié sur laquelle plane la violence d’un passé toujours présent



UNO, Aksel Hennie. Norvège. Avec: Aksel Hennie, Nicolai Cleve Broch.
Début dans la réalisation pour l’un des acteurs nordiques les plus prometteurs qui se réserve le rôle principal. David vit à Oslo où il travaille dans un gymnase. Son père est gravement malade, son frère est handicapé et il ne s’entend pas avec sa mère. Tout son monde va changer le jour où son père meurt et qu’il est obligé de trahir ses collègues. David va découvrir ce qui est réellement important dans la vie.



A WAY OF LIFE, Amma Asante. Grande-Bretagne. Avec: Stephanie James, Nathan Jones, Gary Sheppeard, Dean Wong.
Tout tourne, dans ce film extrêmement dur, autour de Leigh-Anne, une jeune femme de dix-huit ans, qui vit avec sa fillette de dix mois et ses trois amis Robbie, Gavin et Stephen dans la marginalité d’une grande ville. Poussés inexorablement vers un avenir sans issue, condamnés à la frustration et à la rage qui finissent par provoquer un violent crime racial sur un jeune voisin musulman.


 

WILBY WONDERFUL. Daniel MacIvor.Canada. Avec: James Allodi, Maury Chaykin, Paul Gross, Callum Keith Rennie, Sandra Oh.
Vingt-quatre heures dans la vie d’une petite ville sur une île où apparemment rien ne se passe jamais. Une journée pendant laquelle se croisent différents personnages qui tentent de maintenir un semblant de normalité dans un comportement qui cache des petits secrets pas du tout conventionnels. Une comédie chorale qui regarde avec tendresse ses personnages interprétés par un groupe d’excellents acteurs.


Donostia – San Sebastián le 13 Août, 2004