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08/09/2006


PRÉSENTATION DE LA 54e EDITION DU FESTIVAL

MAX VON SYDOW ET MATT DILLON, PRIX DONOSTIA

JEANNE MOREAU, PRÉSIDENTE DU JURY OFFICIEL

GHOSTS, de Nick Broomfield, film d’ouverture et LONELY HEARTS, de Todd Robinson, film de clôture hors compétition de cette 54e édition.

De nouveaux titres à Zabaltegi complètent le programme.


Aujourd’hui, vendredi 8 septembre, le Festival International du Film de Donostia - San Sebastián a dévoilé en conférence de presse les Prix Donostia de cette année, les noms des membres des différents jurys et les derniers titres sélectionnés.

 

PRIX DONOSTIA

L’un des plus grands acteurs historiques du cinéma européen, visage d’Ingmar Bergman et interprète subtil aux multiples registres de grosses productions américaines, Max Von Sydow ; et l’un des jeunes acteurs de la génération américaine des années 80 qui a su le mieux mûrir jusqu’à obtenir cette année une nomination aux Oscars pour Crash (Collision, 2004), Matt Dillon, seront les Prix Donostia du 54e Festival du Film de Donostia - San Sebastián.

À la forte personnalité de ces deux comédiens, capables d’éviter tout enfermement sans renoncer aux caractéristiques propres de leur talent respectif, Max Von Sydow et Matt Dillon ont ajouté à leur intense travail d’acteur une incursion dans la mise en scène qui confirme la diversité de leur art.

Max Von Sydow, avec près de 130 travaux comme acteur, est en pleine activité et a tourné cette année L’Inchiesta. Et Matt Dillon a, ces deux dernières années, abouti deux de ses interprétations les plus applaudies, dans Factotum (2005) et Crash (Collision, 2004).



   
 

MAX VON SYDOW

L’intensité dramatique de son visage, son imposante silhouette et une aptitude à exprimer toutes les facettes de l’être humain, du plus vil au plus délicat, ont fait de Max Von Sydow l’un des plus grands acteurs du cinéma européen avec une présence assidue dans le cinéma américain. Né en 1929 à Lund, Suède, Max Von Sydow est un enfant timide qui découvre dans l’interprétation une occasion de dépasser ses problèmes de communication avec les autres. Il entame une formation en art dramatique à l’Académie Royale de Stockholm, avant de démarrer dans le cinéma en 1949 avec Bara en mor, de Alf Sjöberg. Il trouve réellement sa place dans le milieu du cinéma lorsque Ingmar Bergman l’engage dans la distribution de Det sjunde inseglet (Le septième sceau, 1957) en chevalier défiant la mort. Bergman voit en Max Von Sydow un porte-parole de ses propres inquiétudes et il en fait l’un de ses acteurs incontournables avec Smultronstället (Les fraises sauvages, 1957), Ansiktet (Le visage, 1958), Jungfrukällan (La source, 1960), Sasom i en spegel (À travers le miroir, 1961), Nattvardsgästerna (1962), Vargtimmen (L’heure du loup, 1968) et Skammen (La honte, 1968), entre autres.

En 1965, il entreprend une carrière au rayonnement international en interprétant Jésus dans The Greatest Story Ever Told (La plus grande histoire jamais contée, 1965), de George Stevens, qu’il poursuit avec le rôle du missionnaire de Hawaii (1966), de George Roy Hill ou celui du colonel de The Kremlin Letter (La lettre du Kremlin, 1970) de John Huston. Le dévoué paysan Karl Oskar du diptyque dirigé par Jan Troell, Utvandrarna (1971) et Nybyggarna (1972), fut un autre de ses grands rôles jusqu’à l’apparition du Père Merrin dans L’exorciste (1973), de William Friedkin.

Max Von Sydow illumine de sa présence de nombreux films à gros budget du cinéma américain : le capitaine allemand de The Voyage of the Damned (Le voyage des damnés,1976) et de Victory (A nous la victoire) ; le tyran Ming de Flash Gordon (1980) ; le roi Osric de Conan the Barbarian (Conan le barbare, 1982) ; et de nombreux scélérats comme celui de Never Say Never Again (Jamais plus jamais, 1983). Il alterne avec des productions européennes de réalisateurs reconnus, de Il Deserto dei Tartari (Le désert des Tartares, 1976), de Valerio Zurlini, à La mort en direct (1980), de Bertrand Tavernier. Il travaille pour Woody Allen dans Hanna and Her Sisters (Hanna et ses soeurs, 1986), et, en 1987, revenu en Suède, il réussit l’une de ses interprétations les plus célèbres, pour précisément un disciple de Bergman, Bille August, dans Pelle erobreren (Pelle, le conquérant). En père dévoué cherchant une vie meilleure pour son fils Pelle, Max Von Sydow est nominé à l’Oscar du Meilleur Acteur et remporte le Prix Européen, parmi de nombreuses autres récompenses.

En 1988, il réalise en Suède son unique film comme cinéaste, le drame romantique Ved vejen. Avec une filmographie de pas moins de 130 titres, parmi lesquels le film espagnol Intacto (2001), de Juan Carlos Fresnadillo ou Minority Report (2002), de Steven Spielberg, il continue à travailler inlassablement et vient de terminer L’Inchiesta (2006), de Giulio Base.

 

 

MAX VON SYDOW


 
 

MATT DILLON

Depuis que Francis Ford Coppola a donné de l’étoffe à ses rôles d’adolescent, jusqu’à ses excellentes récentes interprétations dans Crash (Collision) et Factotum, Matt Dillon a mûri pour devenir l’un des acteurs les plus personnels et charismatiques du cinéma américain. Son physique séduisant et son regard provocant lui ont permis de décrocher ses premiers rôles. Né le 18 février 1964 à New Rochelle (New York), Matthew Raymond Dillon étudie à la Hommocks School quand il est remarqué par un chasseur de talents qui lui offre son premier emploi. Mais deux films de Francis Ford Coppola, The Outsiders (Outsiders, 1982) et Rumble Fish  (1983), révèlent le talent de Matt Dillon qui sait s’éloigner du stéréotype du « dur » en donnant à ses personnages une mélancolie et une humanité qui caractérisent bientôt sa présence toujours intense, dans la lignée des acteurs mythiques comme Marlon Brando et Paul Newman.

Gene Hackman devient pour Matt Dillon une référence majeure lorsque les deux acteurs coïncident dans le thriller Target (1985), d’Arthur Penn et c’est peu après qu’il interprète le joueur de The Big Town (La gagne, 1987). Loin de vouloir s’enfermer dans de grosses productions, il se met au service d’un réalisateur alors très peu connu, Gus Van Sant, qui lui offre l’un de ses rôles les plus marquants, l’héroïnomane de Drugstore Cowboy (1989). Il tournera à nouveau avec Gus Van Sant des années plus tard, au côté de Nicole Kidman, dans To Die For (Prête à tout, 1995). Mais il avait déjà trouvé dans le cinéma indépendant son propre espace pour montrer l’étendue de sa gamme, depuis le personnage ambigu de A Kiss Before Dying  (1991), de James Dearden, aux comédies romantiques d’auteur comme Singles (1992), de Cameron Crowe, Beautiful Girls (1996), de Ted Demme (en compétition au Festival de San Sebastián), ou Grace of My Heart (1996), d’Allison Anders, avant de revenir au thriller, dans Albino Alligator (1996), dirigé par Kevin Spacey.

Bien qu’il considère la comédie comme le plus difficile à jouer, il a montré ses aptitudes pour ce genre avec des films comme In & Out (1997), de Frank Oz ou son rôle hilarant de détective privé dans There’s Something About Mary (Mary à tout prix, 1998) de Bobby et Peter Farrelly.

Passionné de course à pied, de musique cubaine, collectionneur de disques vinyle et fan de l’équipe de base-ball des New York Mets, Matt Dillon débute comme réalisateur avec l’excellent et envoûtant thriller, City of Ghosts (2002), situé au Cambodge, qu’il interprète et dont il signe également le scénario avec Barry Gifford. Il sera dirigé par un autre acteur, Kevin Bacon, dans Loverboy (2005), avant de se métamorphoser en Henry Chinaski, l’alter ego de fiction de l’écrivain Charles Bukowski, l’une de ses meilleures compositions, dans Factotum (2005), de Bent Hamer. Son rôle de policier pervers tout autant que sensible dans Crash (Collision, 2006), de Paul Haggis, lui ouvre la voie pour les Oscars et les Globes d’Or dans la catégorie Meilleur acteur secondaire, et remporte pour ce même film l’Independent Spirit Award, prix qu’il avait déjà reçu en 1990 comme meilleur acteur pour Drugstore Cowboy.


 

MATT DILLON


 
 

OUVERTURE

GHOSTS
Grande-Bretagne
Réalisateur : Nick Broomfield
Interprètes : Ai Qin, Zhan Yu, Zhe Wei, Man Qin Wei

Le 5 février 2004, vingt-trois immigrants chinois illégaux meurent noyés le long de la côte nord de l’Angleterre alors qu’ils travaillent à ramasser des fruits de mer. L’une des rares survivants de cette tragédie, Ai Quin, interprète personnellement le récit de son voyage de Chine jusqu’en Angleterre et les conditions de travail difficiles qu’elle doit supporter pour construire une vie meilleure pour son fils. Un film basé sur des faits réels et tourné à la limite de la fiction et du documentaire par l’un des plus remarquables rénovateurs du genre, Nick Broomfield, réalisateur du polémique Kurt & Courtney.

   
 

CLÔTURE

LONELY HEARTS
USA
Director: Todd Robinson
Cast: John Travolta, James Gandolfini, Salma Hayek, Jared Leto, Laura Dern.

In the 40s, Martha Beck and Raymond Fernandez were the most wanted couple in America. Known as the "Lonely Hearts Killers", these lovers of duplicity, easy money and kinky sex would swindle and viciously murder the war widows and wealthy women unlucky enough to answer the personal ads in which Ray would describe himself as a sexy Latin Lover. Martha posed as his sister. They committed around twenty crimes. Detective Elmer C. Robinson participated in their capture in 1949. Lonely Hearts reconstructs these true facts.


 

   
 

Deux nouveaux titres à Zabaltegi - Perles et une Spéciale - Zabaltegi complètent la sélection des films de cette 54e édition :

ZABALTEGI – PERLES

THE DEVIL WEARS PRADA (Clôture Zabaltegi)
États-Unis
Réalisateur : David Frankel
Interprètes : Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci, Simon Baker.

Dirigée par la très puissante Miranda Priestly, la revue Runway est redoutée par tous ceux qui veulent percer dans le monde vertigineux de la mode de New York. Pour faire de Runway la bible de la mode internationale, Miranda a dû écraser tout ce qui se trouvait sur sa route… y compris une longue liste d’assistantes qui n’avaient pas l’envergure de cet emploi pour lequel des millions de jeunes tueraient. La jeune diplômée Andy Sachs, débraillée et ignorante du monde de la haute couture, ne semble pas la personne idéale pour ce job, mais sa ténacité et son refus de l’échec permettent enfin à Miranda de trouver son assistante idéale.

SHUT UP AND SING
États-Unis
Réalisatrices : Barbara Kopple et Cecilia Peck

En 2003, lors d’un concert à Londres, le groupe de musique DIXIE CHICKS fait une déclaration contre Bush. L’un des groupes de country qui vend le plus de disques est alors boycotté par les radios et les médias américains, générant une forte image négative des jeunes femmes du groupe qui reçurent même des menaces de mort. Le documentaire, réalisé par la réalisatrice reconnue Barbara Kopple et Cecilia Peck, suit la trajectoire du groupe durant ces années, son aspect politique, artistique et humain, offrant en même temps une image critique des Etats-Unis de l’ère Bush.


 

 
 

ZABALTEGI – SPÉCIALES

HÉCUBA, UN SUEÑO DE PASIÓN
Espagne
Réalisateurs : José Luis López-Linares et Arantxa Aguirre

Qu’implique le métier d’acteur ? Quelles sont les motivations qui poussent une personne apparemment normale à se mettre dans la peau d’autres personnages et à vivre leurs angoisses et leurs joies ? Au travers des témoignages du gratin du cinéma espagnol, de Carmen Maura à Antonio Banderas, en passant par Victoria Abril, Emilio Gutiérrez Caba, Fernando Fernán-Gómez et beaucoup d’autres, et par l’utilisation intelligente de quelques extraits illustrant leurs carrières respectives, le documentariste réputé José Luis López Linares illustre la condition d’acteur, ses peines et ses découvertes.


 

 
 

COMPOSITION DES JURYS

Ce jury concédra aussi le Prix Montblanc de Nouveaux Scénaristes

 



Donostia - San Sebastián, 8 septembre 2006