MAX VON SYDOW
L’intensité dramatique de son visage, son imposante silhouette et une aptitude à exprimer toutes les facettes de l’être humain, du plus vil au plus délicat, ont fait de Max Von Sydow l’un des plus grands acteurs du cinéma européen avec une présence assidue dans le cinéma américain. Né en 1929 à Lund, Suède, Max Von Sydow est un enfant timide qui découvre dans l’interprétation une occasion de dépasser ses problèmes de communication avec les autres. Il entame une formation en art dramatique à l’Académie Royale de Stockholm, avant de démarrer dans le cinéma en 1949 avec Bara en mor, de Alf Sjöberg. Il trouve réellement sa place dans le milieu du cinéma lorsque Ingmar Bergman l’engage dans la distribution de Det sjunde inseglet (Le septième sceau, 1957) en chevalier défiant la mort. Bergman voit en Max Von Sydow un porte-parole de ses propres inquiétudes et il en fait l’un de ses acteurs incontournables avec Smultronstället (Les fraises sauvages, 1957), Ansiktet (Le visage, 1958), Jungfrukällan (La source, 1960), Sasom i en spegel (À travers le miroir, 1961), Nattvardsgästerna (1962), Vargtimmen (L’heure du loup, 1968) et Skammen (La honte, 1968), entre autres.
En 1965, il entreprend une carrière au rayonnement international en interprétant Jésus dans The Greatest Story Ever Told (La plus grande histoire jamais contée, 1965), de George Stevens, qu’il poursuit avec le rôle du missionnaire de Hawaii (1966), de George Roy Hill ou celui du colonel de The Kremlin Letter (La lettre du Kremlin, 1970) de John Huston. Le dévoué paysan Karl Oskar du diptyque dirigé par Jan Troell, Utvandrarna (1971) et Nybyggarna (1972), fut un autre de ses grands rôles jusqu’à l’apparition du Père Merrin dans L’exorciste (1973), de William Friedkin.
Max Von Sydow illumine de sa présence de nombreux films à gros budget du cinéma américain : le capitaine allemand de The Voyage of the Damned (Le voyage des damnés,1976) et de Victory (A nous la victoire) ; le tyran Ming de Flash Gordon (1980) ; le roi Osric de Conan the Barbarian (Conan le barbare, 1982) ; et de nombreux scélérats comme celui de Never Say Never Again (Jamais plus jamais, 1983). Il alterne avec des productions européennes de réalisateurs reconnus, de Il Deserto dei Tartari (Le désert des Tartares, 1976), de Valerio Zurlini, à La mort en direct (1980), de Bertrand Tavernier. Il travaille pour Woody Allen dans Hanna and Her Sisters (Hanna et ses soeurs, 1986), et, en 1987, revenu en Suède, il réussit l’une de ses interprétations les plus célèbres, pour précisément un disciple de Bergman, Bille August, dans Pelle erobreren (Pelle, le conquérant). En père dévoué cherchant une vie meilleure pour son fils Pelle, Max Von Sydow est nominé à l’Oscar du Meilleur Acteur et remporte le Prix Européen, parmi de nombreuses autres récompenses.
En 1988, il réalise en Suède son unique film comme cinéaste, le drame romantique Ved vejen. Avec une filmographie de pas moins de 130 titres, parmi lesquels le film espagnol Intacto (2001), de Juan Carlos Fresnadillo ou Minority Report (2002), de Steven Spielberg, il continue à travailler inlassablement et vient de terminer L’Inchiesta (2006), de Giulio Base. |