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PREMIERS ÉLÉMENTS DE LA 56e ÉDITION DU FESTIVAL DU FILM DE SAN SEBASTIÁN

09/05/2008
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Le réalisateur Mario Monicelli et le cinéma noir japonais seront à l’honneur de deux des rétrospectives du Festival.

L’œuvre du maestro italien Mario Monicelli et le traitement particulier du film noir par le cinéma japonais tout au long de son histoire seront les têtes d’affiche de la prochaine édition du Festival de San Sebastián, du 18 au 27 septembre.

Lors de la conférence de presse du 9 mai à San Sebastián, le Festival a dévoilé l’affiche officielle de la 56e édition ainsi que celles des différentes sections et rétrospectives, toutes réalisées par Oscar Mariné. Ce dessinateur prestigieux a de nouveau élaboré l’univers graphique du Festival, dans la continuité de la ligne initiée l’année passée.

Oscar Mariné définit le visuel de l’affiche de la 56e édition comme «un grand réflecteur, un porte-voix, un projecteur. C’est une antenne imposante qui émet et reçoit de l’information et de l’énergie. Une référence et un symbole cinématographique».

Mariné explique que l’icône «est en bois, organique. Métaphore du peuple et de la culture basque. Elle est rose, une couleur qui rejoint la vocation de modernité du Festival et qui nous renvoie aux propositions les plus jeunes et les plus originales du cinéma actuel. Dans l’édition précédente, l’option choisie était une affiche symbolique de la ville de San Sebastián, option plus classique. Cette année, nous nous rapprochons de la culture basque, du cinéma et de la jeunesse. Le tout tamisé par les codes visuels de la culture pop».

L’affiche de Zabaltegi «respire aussi d’éléments graphiques se référant à la culture basque, bien que cette fois, la typographie, dépouillée, appliquée, puissante et élégante, soit le point fort de l’affiche». Horizontes Latinos «est un découpage reflétant des éléments originels de la culture populaire sud-américaine». Mario Monicelli «montre avec sa propre représentation toute la force d’un réalisateur génial» et dans Japon Noir «le bon, la fille et le méchant, image extraite d’un film japonais, Le Chien enragé (Akira Kurosawa, 1949) est la preuve que parfois le classique dépasse en modernité beaucoup de propositions actuelles».


RÉTROSPECTIVE CLASSIQUE : MARIO MONICELLI

Au cours des années 50 et 60 du siècle dernier, la comédie fut l’un des genres les plus importants du cinéma italien. Parmi tous les cinéastes qui se sont consacrés à ce type de films, dont le ton cocasse n’occultait en rien une vision critique de la société, se détache Mario Monicelli, auteur des œuvres les plus représentatives de ce courant populaire qui porta aux nues des acteurs comme Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Marcello Mastroianni, Nino Manfredi ou Alberto Sordi.

Le Festival de San Sebastián, qui a déjà consacré, en 1998 et 1999, deux cycles à la comédie italienne, réaffirmera son intérêt pour l’une des périodes les plus glorieuses du cinéma italien, avec la rétrospective de quelque 40 films de Mario Monicelli proposée cette année. Mario Monicelli a été l’auteur de ce qui a probablement été l’œuvre la plus cotée de cette effervescence burlesque, I soliti ignoti (Le Pigeon, 1958), avec une distribution extraordinaire: Gassman, Mastroianni, Claudia Cardinale, Memmo Carotenuto, Renato Salvatori et le vétéran Totó. Maître incontesté de l’art comique et de la direction d’acteur, Mario Monicelli n’a pas esquivé d’autres genres plus sévères, comme dans La grande guerra (La Grande guerre, 1959), film tragi-comique qui se passe pendant la Première Guerre Mondiale, interprété par Gassman et Sordi; I compagni (Les Camarades, 1963), film sur le mouvement ouvrier ; ou Vogliamo il colonelli (Nous voulons les colonels, 1973) inspiré par la dictature militaire grecque.

Né à Rome en 1915, Mario Monicelli tourne toujours, et son dernier film à ce jour est Le rose del deserto (2006). Mario Monicelli a été sélectionné à quatre reprises en Section Officielle au Festival de San Sebastián: en 1958, il remporte la Concha de Plata avec I soliti ignoti, ex aequo avec Vertigo, d’Alfred Hitchcock; en 1965, Casanova 70 reçoit le Prix de la meilleure réalisation et celui de la meilleure interprétation masculine pour Marcello Mastroianni; en 1968, La ragazza con la pistola (La Fille au pistolet) remporte le Prix de la meilleure interprétation féminine pour Monica Vitti et, en 1971, Brancaleone alle crociate (Brancaleone s'en va-t-aux croisades) reçoit le Prix de la meilleure interprétation masculine pour Vittorio Gassman.

La rétrospective sera composée de 41 longs métrages et deux courts métrages. Parmi les titres choisis:

  • Totò cerca casa (Toto cherche un appartement, 1949)
  • Vita da cani (Dans les coulisses, 1950)
  • Guardie e ladri (Gendarmes et voleurs, 1951)
  • Padri e figli (Pères et fils, 1957)
  • I soliti ignoti (Le Pigeon, 1958)
  • La grande guerra (La Grande guerre, 1959)
  • I compagni (Les Camarades, 1963)
  • L’armata Brancaleone (L’Armée Brancaleone, 1965)
  • La ragazza con la pistola (1968)
  • Vogliamo i colonnelli (Nous voulons les colonels, 1973)
  • Amici miei (Mes chers amis, 1975)
  • Un borghese piccolo piccolo (Un bourgeois tout petit petit, 1977)
  • Le due vite di Mattia Pascal (The Two Lives of Mattia Pascal, 1985)
  • Le rose del deserto (The Roses of the Desert, 2006)

RÉTROSPECTIVE THÉMATIQUE : JAPON NOIR

L’abondante production de films policiers ou à thématique criminelle au Japon reste une grande inconnue en Occident. Résultat d’un évident processus d’importation de genres littéraires et cinématographiques étrangers, principalement américains, le film noir japonais pourrait ne sembler qu’une anecdote dans l’histoire du cinéma nippon. Pourtant, le Japon a su donner un «caractère national» au récit policier: le sens de l’honneur du truand, le minutieux travail d’enquête du policier, les tourments du criminel marginal ou le portrait d’une société plongée dans le chaos d’après-guerre, telles étaient les thématiques qui exprimaient bien les inquiétudes et les angoisses de la psychologie japonaise.

La rétrospective Japon Noir permettra un tour d’horizon de cette histoire parallèle d’un cinéma japonais que les occidentaux ne pouvaient découvrir que dans les festivals de cinéma ou les cinémathèques, mais que le public autochtone consommait avec enthousiasme. Elle embrassera les films de joueurs (bakuto) de l’époque du muet jusqu’à l’essor du cinéma de gangsters post deuxième guerre mondiale, les contributions fondamentales de cinéastes comme Akira Kurosawa ou Shohei Imamura ou les irruptions essentielles de réalisateurs représentatifs de la modernité japonaise (Nagisa Oshima, Mashahiro Shinoda, Hiroshi Teshigahara) qui utilisèrent les intrigues policières à des fins de films subversifs très personnels. Une attention toute particulière sera portée au coup d’éclat du yakuza eiga (le cinéma de truands nippon) qu’ont été les années 60, avec une production énorme de cassettes sur des criminels héroïques et solitaires; et aux années 70, quand le yakuza eiga est devenu plus réaliste.

Mais Japon Noir considérera d’autres aspects du film noir: le mélodrame criminel ou les aventures de détectives endurcis dans la plus pure tradition du roman noir (hard boiled), ainsi que la revivification passionnante du genre depuis les années 90, grâce à des cinéastes comme Takeshi Kitano, Takashi Miike, Takashi Ishii ou Kiyoshi Kurosawa.

La rétrospective Japon Noir sera composée de 40 films, parmi lesquels:

  • Nora Inu (Un chien enragé, 1949), de Akira Kurosawa
  • Hateshinaki yokubo (Le Désir inassouvi, 1958), de Shohei Imamura
  • Karakkaze yaro (Le Gars des vents froids, 1960), de Yasuzo Masumura
  • Tengoku to jigoku (Entre le ciel et l’enfer, 1962), de Akira Kurosawa
  • Yaju no seishun (La Jeunesse de la bête, 1963), de Seijun Suzuki
  • Kawaita hana (Fleur pâle, 1964), de Masahiro Shinoda
  • Jingi no hakaba (Le Cimetière de la morale, 1975), de Kinji Fukasaku
  • Sono otoko, kyôbô ni tsuki(Violent Cop, 1987), de Takeshi Kitano
  • Waga jinsei saiaku no toki (The Most Terrible Time in My Life, 1994), de Kaizo Hayashi
  • Hebi no michi (Serpent’s Path, 1997), de Kiyoshi Kurosawa


Le nom de la personnalité de la rétrospective contemporaine, ainsi que le contenu des sections Officielle, Zabaltegi et Horizontes Latinos seront dévoilés dans les mois à venir.


Le Festival International du Film de Donostia–San Sebastián remercie le travail et la collaboration des différentes entreprises et institutions qui font que cet événement important puisse continuer en s’améliorant d’année en année. TVE y SCHWEPPES, Sponsors officiels; TUDOR, Collaborateur officiel; KUTXA, pour son intérêt au Festival comme partie du patrimoine culturel des habitants de Donostia et du Pays basque; ALTADIS, partenaire du Prix Altadis-Nouveaux Réalisateurs; TCM, partenaire du Prix du Public au film recueillant le plus grand nombre de votes des spectateurs; VOLKSWAGEN, voiture officielle du Festival; EL DIARIO VASCO, KUTXA et le PATRONATO MUNICIPAL DE DEPORTES présents aux projections du Vélodrome d’Anoeta; PROYECTO MEDIA DE LA UE, ICEX et EGEDA pour leur soutien au Sales Office; AECI, partenaire de Horizontes Latinos; BRUESA, partenaire de Cinéma en Construction ; IBERIA, transporteur aérien du Festival; DHL, transporteur express du Festival; EUSKALTEL, MUMM, CANON, 5 JOTAS et MASSIMO DUTTI pour leur soutien au Festival.

Donostia - San Sebastián, 9 mai 2008

 

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